Alexandre Meinesz est un biologiste marin, plongeur et naturaliste, professeur émérite à l'université Côte d'Azur-laboratoire CNRS « Ecoseas ». 

Il est spécialiste de la végétation sous-marine, qu'il a étudiée au cours de milliers de plongées en milieu tropical et surtout en Méditerranée.

Dans les années 80, il fut l'un des scientifiques qui ont dénoncé la Caulerpa taxifolia (algue tueuse). Il est l'auteur de plusieurs livres dont "Le roman noir de l'algue tueuse" (1997), et son dernier étant sorti en 2021 " La biodiversité marine" éd.Odile Jacob.

Ses domaines de compétence sont la phycologie, écologie et biologie marine : impacts anthropiques sur le milieu marin littoral et sur la biodiversité marine littorale.

Un état des lieux de la montée des eaux en Méditerranée nous sera exposé, ainsi que la situation des aires marines protégées dont tout le système est à revoir.


Montée des eaux : que faire pour protéger les côtes de la Méditerranée
Le changement climatique entraine une montée rapide du niveau des mers et océans. Les prévisions, sans cesse réévaluées, ne sont pas bonnes : au minimum un mètre de plus au passage de l’année 2100 soit dans 75 ans. Tous les rivages de la planète vont être impactés avec dans un premier temps des submersions temporelles incontrôlables puis petit à petit une immersion définitive. En Méditerranée, comme ailleurs, l’Homme s’est majoritairement établi sur les côtes. De ce fait une frénésie de mesures de protection des biens menacés (habitations, voies de communications, quais portuaires, édifices historiques, domaines agricoles productifs, plages touristiques …) se manifeste déjà de toutes parts.
Engraissement continu des plages, constructions et renforcements des digues, digues sous-marines, protection de lagunes ou d’estuaires. Autant d’actions qu’il faudra sans cesse renouveler pour contrer une élévation continue et devenant exponentielle du niveau de la mer, dont l’issue dépassera sans aucun doute l’échéance tant citée de 2100. D’autres solutions qui aujourd’hui semblent utopiques commencent à émerger comme le projet de barrage ouvert qui pourrait être construit dans le détroit de Gibraltar. Il a pour objectif de maintenir le niveau de la Méditerranée à tout jamais à son niveau actuel et éviter le bétonnage ou enrochement de près de 45 000 km de littoral de l’ensemble des côtes
Méditerranéennes.

" Les aires marines protégées françaises sont un scandale
Tous les scientifiques sont d’accord pour affirmer que la surpêche est l’un des principaux facteurs des désordres écologiques constatés. Notre prédation sur les poissons, crustacés et mollusques tend à appauvrir la densité de certaines
espèces dans de nombreuses régions du monde, ce qui entraîne des répercussions sur toute la chaîne alimentaire.
Au final, c’est le système entier qui est à revoir. Il faut exiger une protection identique pour les eaux territoriales des différentes façades maritimes françaises et prioriser celle des petits fonds les plus atteints pas absolument toutes les formes de pêche : c’est cela une vraie réserve. Car seules les zones intégralement protégées permettront un rétablissement maximum des chaînes alimentaires marines."
Extrait d'un article de Sciences et Vie



Rendez-vous le vendredi 22 mai à 18h00
La Poudrière, la citadelle

Entrée libre
Suivie d'une séance de dédicaces autour de son dernier ouvrage "Protéger la biodiversité marine".

Réservation conseillée